Émergence de  » l’Opinion publique » au XVIIIe Siècle

Chronique rédigée par Line Wisser

Plusieurs évènements majeurs annoncent le 18è siècle nommé  »des Lumières ».

  • Dès l’invention de l’imprimerie qui a permis un accès élargi à l’écrit,
  • la Réforme Protestante qui a ouvert une brèche dans le Dogme « un Roi, une Foi,
    une Loi » avec l’idée que la religion pouvait être une affaire privée,
  • les Jansénistes, qui à partir de simples revendications religieuses contre la ligne
    officielle du Vatican, se politisent au fil des répressions,
  • l’augmentation significative d’une Bourgeoisie cultivée,

Versailles, par son faste et son luxe, a créé et codé les  »valeurs Aristocratiques ». Mais
avec un déplacement vers les Salons Parisiens, vitrines des valeurs de la Haute
Bourgeoisie, autour d’une  »maîtresse de maison », bien que hiérarchisés et dominés par
quelques grands personnages, « l’Homme du monde détrône le Courtisan ».
Ce nouvel espace social à la mode diffuse, commente les écrits des Hommes de
sciences et des écrivains, et ne se prive pas de critiquer l’actualité sociale et politique…
En effet, dès la 2ème moitié du 18è, l’accès à la lecture et l’écriture s’est répandu à travers
des correspondances privées, des livres et des journaux de plus en plus nombreux.
Ces salons permettent la rencontre de gens en dehors du contrôle de l’État ou de l’Église.
Se crée alors un  »Espace Public » différent (non plus le  »forum » avec des dialogues
directs), constitué au début de Lettrés, mais qui s’étend ensuite à des lecteurs de plus en
plus nombreux de la petite Bourgeoisie, qui vont développer une « opinion publique »,
avec une définition de la « Liberté d’expression » .

Malgré la censure, les lettres de cachet et la répression, la Monarchie ne peut enrayer
cela. La Police est alors étoffée avec la mise en place de techniques d’identifications et de
surveillance (les  »Mouches ») dispersées dans tous les quartiers pour mesurer l’état de
l’Opinion. Toutes ces informations sur les personnes, les comportements, les idées… ont
fait l’objet de rapports écrits eux aussi.
Pour échapper à la censure officielle, de nouveaux moyens de communication , sous
le manteau, se développent avec  »les Nouvelles à la main » (rumeurs, anecdotes des élites
pour les élites) distribuées par abonnement. Les murs de la ville sont aussi utilisés comme
support écrit.
Tout cela aboutit à créer :
– Une nouvelle image du  »peuple » chez les lettrés qui prennent conscience des
inégalités .
– Une émancipation des classes populaires pour qui le mot  »Liberté » prend un sens
nouveau.
En corollaire, vers la fin du siècle, avec l’augmentation des bourgeois lettrés,
beaucoup de jeunes juristes , les  »Robins », se retrouvent sans emploi et vont s’engager dans des procès pour défendre les travailleurs, les  »minorités » (ex : non-catholiques),
transformant des Causes Privées en Causes Publiques !
Car si les Nobles parlent au nom de leur caste, les Bourgeois Lettrés parlent au nom de
tous !
Line WISSER

Crédits

Le texte est de Line Wisser..
SOURCES :
– Une Histoire populaire de la France (de la guerre de 100 ans à nos jours)
de Gérard NOIRIEL (Agone 2019)

La photo font partie de la collection de Thierry Fouque (extrait d’un numéro du journal Le Pélerin en 1902

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑