La seconde poétique

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L’aurore a comblé de roses la coupe du ciel. Dans l’air de cristal s’égoutte le chant du dernier rossignol. L’odeur du vin est plus légère. Dire qu’en ce moment des insensés rêvent de gloire, d’honneurs ! Que ta chevelure est soyeuse, ma bien-aimée !

Omar Khayyam (1048-1131)

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Aujourd’hui Chandeleur

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Faites des crêpes et admirer une dernière fois les crèches.

La crèche de Notre Dame des Doms à Avignon nous montrent de grands santons datant du XIX° dans la chapelle des Spiefami à l’entrée de l’église.

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En attendant la chandeleur 4

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Depuis cinquante ans, un passionné construit avec quelques aides la crèche de Saint-Saturnin-Lès-Avignon. Tout un ensemble d’automatismes anime les personnages et chaque année plusieurs scènes viennent enrichir le village miniature.

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En attendant la chandeleur 3

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La crèche de Grambois est l’œuvre de Pierre Graille (1915-1914). Cet ancien receveur des postes fabriqua une crèche où tous les personnages avaient la figure d’un habitant du village. Les habitants continuent à monter sa crèche.

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En attendant la chandeleur 2

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Voici la crèche de la Bastide des Jourdans. Une quinzaine de passionnés construisent de magnifiques paysages dans l’église du village.

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En attendant la chandeleur 1

20190129_113500-11158766367.jpgLa chandeleur marque la fin des fêtes de  Noël et le moment où les santons sont rangés. Avant ce démontage de la crèche, voici une photo de celle que j’ai fait cette année.

 

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La faillite

 

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Beffroi d’Alleins

Alleins

Alleins est un village au sud-ouest de Martialis, de l’autre coté de la Durance. On y accède par le pont  entre Mérindol et Mallemort.

La mairie a placé quelques plaques historiques qui permettent de se faire une idée de la famille Renaud d’Alleins.

Les Renaud sont une famille d’Arles. A la fin du XVe, en remboursement de frais engagés au service du roi, ils obtiennent la seigneurie d’Alleins. Ils reconstruisent alors un château qui surplombe le village. Le beffroi du village porte les armes de la famille « de gueule aux dix losanges d’or placés en 4-4-2 ». En mars 1695, une lettre patente de Louis XIV élève le seigneur César d’Alleins au titre de marquis.

Lors de la Révolution, en mai 1790, le quatrième marquis, Philippe Emmanuel Melchior De Renaud d’Alleins part pour l’émigration. Ses biens et son château sont saisis.  Le bâtiment est démantelé. Ses ruines dominent toujours le village.

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Les ruines du château d’Alleins

La faillite

C’est un membre par alliance de cette famille qui hérite vers 1840 du château de Martialis.  L’héritière, Madame Albine Virginie de Grasse du Bar est  veuve du Comte Adolphe Frédéric Henri Emmanuel de Renaud d’Alleins. Elle a un fils, le comte Henri Maxime Philippe de Renaud d’Alleins.

Le 29 août 1858,  Le Comte Henri et sa mère sont mis en faillite sur la demande de Etienne Constantin, banquier à Aix-En-Provence. Un jugement du Tribunal d’Instance d’Apt ordonne la mise en adjudication de ses biens, situés sur les communes de Pertuis, Villelaure et Ansouis. Pour permettre cette vente ces biens sont répartis en trente  lots dont le jugement donne une description et le positionnement sur le cadastre napoléonien.

Les biens mis en adjudication

Les premier et deuxième lots sont deux maisons mitoyennes à Pertuis appartenant au Comte Henri. Elles comportent puit à eau, caves et deux écuries. Elles sont situées au coin des rues Petite et Beaujeu face à la Maison dite de la Reine Jeanne. Les bâtiments actuels à cet endroit sont sans caractéristique permettant de les dater. La partie ouest de la premier maison a été détruite pour permettre le passage de la rue François Morel en 1864.

Les lots 3 à 14  sont des terres agricoles situées autour de la route entre Pertuis et Villelaure et remontant vers Ansouis, jusqu’à la limite de la ferme de l’Hôpital. Le lot principal 9, d’une contenance de 20 hectares 57 ares porte une ferme dite des Blancs,  quartier de Val Jouanis.  La ferme comprend « cuisine, chambres, grenier à blé, écurie, grenier à foin, bergerie, hangar, loge à cochon, poulailler, cour, relarg, puit à eau, aire et garenne. »

Tous ces lots, y compris les maisons de Pertuis sont loués ou affermés. Ils appartiennent en propre au comte Renaud d’Alleins.

Les lots 15 à 26 constitue un ensemble homogène, d’un seul tenant, appartenant à sa mère la veuve De Grasse de Bar, et couvrant une surface d’environ 150 hectares. Celui-ci est situé au Sud-Est de la commune d’Ansouis

Ils comprennent un Château, celui de Martialis, et trois bâtiments de ferme : l’Hôpital (aujourd’hui Château Turquan) le Bastidon, et la Bastide Neuve.

Martialis est le lot 18. « Un château monté de deux étages sur le rez de chaussée, avec cour, relargs, bâtiment de ferme, écuries, grenier à foin, remise, colombiers, garenne, loges à cochons, bergeries, bosquets, bassin,  fontaine, lavoir, jardin, prairies, terres labourables et arrosables, » «  le tout sur une surface de 48, 26 hectare « complantées d’amandiers, muriers, chênes et peupliers ». Ce lot confronte le chemin de la Tour d’Aigues à Ansouis, celui de Pertuis à la Motte d’Aigues, les bois de la Bastide Neuve, et le Vallat de Chabronne. 

Le lot 15 est la ferme de l’Hôpital comportant « écurie, grenier à foin, bergerie, cour, source d’eau,  fontaine,  bassin », le tout sur un terrain de 29,51 hectares.

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vue de la ferme de l’Hôpital avec le village d’Ansouis au fond

La ferme du Bastidon constitue le lot 17. Il comprend un « bâtiment de ferme, écurie, grenier à foin, hangar, terres labourables, pré, vignes », le tout sur un terrain de 4,80 hectares.

La Bastide Neuve est le lot 27,  « un bâtiment de ferme, écurie, grenier à foin, cour, hangar, avec terre labourable, vigne, hermas et bois » sur un terrain de 40 hectares.

Les autres lots sont des terres agricoles sur les quartiers de l’Hôpital, de Roumias (aujourd’hui la ferme des Marchand), du Pigeonnier (sans doute les terres sous le lotissement auquel appartient l’Art Glacier), de Malacarre (jusqu’à la terre des Bruni),  de la Longue Terre (propriété maintenant de la famille Théry), et la Bastide Neuve.

La veuve  De Grasse de Bar a essayé d’échapper à la saisie. Avec son fils elle fait appel sans succès. Surtout elle tente d’y échapper en transférant ses biens par une vente du 15 juin 1855, à Jean-Baptiste d’Hulpaïs, propriétaire et maire à Fuveau (commune au Sud d’Aix). Cet acte est annulé par le Tribunal d’Apt le 16 août 1856, qui considère que l’acte avec Monsieur d’Hulpaïs était un simple mandat de vente sans transfert de la propriété du bien.

En complément, enfin Dame Veuve de Grasse de Bar a aussi l’usufruit du Val Jouanis, que son mari a légué à sa fille (celle-ci en gardant la propriété). Cet usufruit est également saisi et mis en adjudication.

Rien dans l’acte d’adjudication ne permet de comprendre comment Henri Renaud d’Alleins a fini par devoir une telle somme à son banquier. A-t-il fait des dettes de jeu ? Est-il devenu fou, ce qu’accréditerait la tradition selon laquelle il se promenait sur ses terres en brulant des billets de banque.

Quoiqu’il en soit ses biens et ceux de sa mère sont dispersés, et le  22 septembre 1858, Louis Joseph Laugier ; demeurant à Sannes, et sa femme Dame Marie Anne Mathieu deviennent propriétaires de Martialis. La somme de quarante mille francs est payée grâce à la dot de la dame.

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carte d’Etat-Major permettant de voir les différents lieux de la propriété de la comtesse.

Bibliographie

Acte du tribunal d’Apt en date du 28 août 1858
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Les derniers seigneurs du château

Bref rappel, Martialis apparaît pour la première fois dans les archives comme la propriété de la famille Sabran, qui fait les premières constructions. Il passe ensuite entre les mains de la famille de Michaelis. Celle-ci fait de la maison le support de ses ambitions aristocratiques. Elle obtient que la terre de Martialis devienne un fief, et les Michalelis deviennent les barons de Martialis. Ils sont considérés comme la famille qui a construit Martialis, et lui a donné cette allure aristocratique avec tours féodales et chapelle. Mais ils sont loin d’être les seuls propriétaires du château. Faisons un tour de ces aristocrates qui se sont succédés dans ces murs.
Constans
Les Constans sont une vieille famille d’Aix en Provence. Ils y étaient marchands de laine, puis de drap et de soie. C’est un certain Constans qui au début du XVII siècle achète la terre du Castellet (Alpes de Haute Provence) puis en 1711 un office de conseiller secrétaire du roi en la chancellerie de Provence.
Son arrière petit fils, Christophe de Constans du Castellet né au début du XXVIIIe est déclaré baron de Martialis à Ansouis. Ce militaire était lieutenant au régiment d’infanterie de Nivernais, et « capitaine des volontaires dans la dernière invasion en Provence », Il décéde avant 1786. Il avait épousé le 22 juillet 1755 en l’église de Sannes, Thérèse Suzanne Fournier de Fulconis.
Le couple a quatre enfants : Jean-Baptiste César Christophe, décédé à 11 mois en septembre 1757 ; Charlotte Suzanne Marie-Thérèse, née un mois après la mort de son frère, et décédée en 1790 ; Catherine Julie et enfin Jean-Baptiste Pierre Joseph né le 11 juin 1761 à Pertuis.
Jean-Baptiste de Constans Martialis est aussi un militaire. Il s’engage au service du roi le 12 février 1779, nommé capitaine d’infanterie, puis réformé, Il décède le 23 novembre 1827 à la Seyne-sur-Mer (Var), âgé de 66 ans.
Jean-Baptiste fut sans doute le dernier Constans propriétaire de Martialis même si ses enfants portent encore le nom du château après la période révolutionnaire.
La confiscation de la Révolution
A une date inconnue, la commune d’Ansouis confisque le château à ses propriétaires, comme ayant émigrés. Le 24 floréal an 6 (13 mai 1798), un appel d’offre attribue à un certain François Signoret la gestion de la « Bastide de Martialis appartenant à la commune». Il obtient cette gestion en contrepartie d’une rente annuelle de trois cent trente trois livres. Il doit également répondre à d’autres contraintes. Il doit laisser une partie des terres en prés sur lesquels les bestiaux de la commune peuvent pâturer. Il ne peut pas non plus empêcher la commune d’aller y chercher du bois.
Cette exploitation ne devait pas être viable, car ensuite la bastide est vendue à un membre de la famille Portalis.
Les Portalis

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Jean-Etienne Portalis

L’étude Sauze-Fustier écrit « Elle appartint, semble-t-il, au comte de Portalis, ministre de Napoléon Ier ». En cela elles suivent une monographie communale de la fin du XIXe. (Opus cité dans leur étude : BANCAL. Arrondissement d’Apt, monographies communales, Cavaillon, 1896, p. 165. ). Si cela est vrai, Martialis entre dans la grande Histoire.
Né le 1er avril 1746 au Beausset (Var), Jean-Étienne-Marie Portalis était un juriste et un avocat de Aix reconnu avant la Révolution. Un de ses essais est salué par Voltaire, et il s’illustre dans un procès pour divorce contre le Comte de Mirabeau.
La Révolution est une période compliquée pour lui. Franc-Maçon, il est plutôt gagné aux idées de réforme. Mais en même temps il reste un monarchiste. Il produit même un libelle « Défense du Roi », pendant le procès de Louis XVI. Sa carrière devient chaotique. Il est contraint à plusieurs reprises à abandonner sa carrière d’avocat, voire à s’exiler en Suisse et en Allemagne. Installé à Paris, il rentre en grâce avec le coup d’Etat du 18 brumaire.
Commissaire du Gouvernement puis Conseiller d’Etat, il est considéré comme l’un des principaux rédacteurs du Code Civil (le « Code Napoléon »). Il rédige le Discours préliminaire qui précède le projet de Code. Il est aussi un des rédacteurs du Concordat de 1801 qui géra les relations Eglise-Etat jusqu’à la loi de séparation de 1905. On peut donc imaginer le comte de Portalis rédigeant quelques articles du Code Civil dans sa résidence d’été de Martialis, en regardant le Luberon à travers les fenêtres du grand salon.

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Le Luberon depuis Martialis

Il meurt à Paris le 25 août 1807, et est enterré au Panthéon.
Il n’existe pour l’instant pas de pièce d’origine retrouvée permettant d’attribuer de façon certaine la propriété de Martialis au Comte de Portalis. Par contre le titre de propriété de Benjamin Caste en date du 2 février 1872, par lequel celui-ci acquière une partie de Martialis (il en sera question dans une autre chronique), mentionne l’origine du bien. Le Château était la propriété de « Philippe de Portalis Martialis » qui laisse un testament olographe en date du 3 avril 1827, enregistré chez Maître Béraud, notaire à Aix, le 12 mars 1840. Par cet acte, il lègue la propriété de Martialis à Madame Albine Virginie de Grasse du Bar, veuve du Comte Adolphe Frédéric Henri Emmanuel de Renaud d’Alleins.
Avec cette dame et son fils Henri Maxime va s’achever l’histoire de Martialis, bastide aristocratique.
Bibliographie
– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top
– site Genobco.free.fr Anciennes familles de Provence
– Archives départementales du Vaucluse : acte d’adjudication du 24 floreal an 6

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Le château

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Arrivée par Ansouis à Martialis ; on voit la porte à l’ouest et au second étage les deux types de fenêtres : à l’ouest fenêtre voutée, à l’est fenêtres rectangulaires

Le voyageur du XVIII° arrivait au château de Martialis comme le promeneur d’aujourd’hui. Le château est en contre-bas du carrefour entre la route d’Ansouis à la Tour d’Aigues et celle de Cabrière d’Aigues à Pertuis. Il apparaît sur la carte de Cassini. Sur la carte, l’accès au château se fait comme aujourd’hui depuis la route d’Ansouis au nord.

La façade nord

L’arrivant découvre donc d’abord la grande façade nord, à deux étages, avec son toit presque plat, et la grande génoise qui décore le bord du toit.

Le château est une maison-bloc, comme cela se trouve dans les zones de moyenne

voir version précédente

En 1930, la façade nord. Au rez-de-chaussée, les encadrements de toutes les grandes fenêtres du château existent encore

montagne. Il est possible de circuler dans les différentes parties du bâtiment par l’intérieur. Les portes et passages qui permettaient cette circulations sont aujourd’hui bouchés, mais visibles dans la maison. Ils permettaient d’aller des étables et des granges à l’habitation sans sortir, évitant ainsi le froid de l’hiver.

Les murs sont construits suivant la technique de la maçonnerie en blocage. Un coffrage délimite les murs, il est rempli de pierres,  puis un mortier de sable et de chaux permet de combler les vides. Une fois le coffrage de bois retiré le mur est enduit pour effacer les inégalités. C’est une technique ancienne ne nécessitant pas de main d’œuvre qualifiée. Seuls les angles du bâtiment et les ouvertures sont en pierre de taille.

Lorsqu’il arrive au château, par le chemin au nord–est, le voyageur aristocratique tourne à gauche et longe la façade. Il découvre d’abord la chapelle, avec sa fenêtre en ogive et l’oculus au dessus du maître-autel. Puis il passe devant une pièce qui devait être une cuisine,  le grand salon, au plafond surélevé, et éclairé par deux immenses fenêtres. Avant l’arrivée à l’entrée d’apparat avec son escalier d’honneur.

Cette façade nord porte la trace de plusieurs campagnes de construction.

La porte au lieu d’être au centre de la construction comme il est habituel se trouve sur le coté ouest de cette façade. De plus les fenêtres sont de deux styles différents. La porte et les fenêtres de l’ouest sont surmontées d’une voute, les fenêtres vers l’est sont strictement rectangulaires. Ceci suggère que l’ouest de la maison a été construit d’abord, puis qu’une extension vers l’est a permis d’abriter le grand salon et la chapelle. Peut-être la partie la plus ancienne est-elle la construction commandée par Sextius d’Escalis.

La façade sud

Une fois ses passagers descendus, la voiture à cheval fait le tour du bâtiment. Par une rampe, elle longe un grand bassin à l’est, et descend vers  la cour au sud. La façade sud est plus étroite que la façade nord. Elle est entourée par deux tours qui lui donnent une allure féodale (voir photo sur la chronique précédente). La différence de longueur est

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Façade sud la façade est plus étroite et les fenêtres plus petites

rattrapée par une  petite cour à l’est entourée de murs presque aveugles. Les fenêtres de cette partie sud sont beaucoup moins grandes que celles du nord, afin d’éviter le soleil d’été.

La façade fait trois étages. Au rez-de-chaussée, les pièces voutées s’ouvrent sur la cour, et donnent au nord sur les caves.

La cour est  sur une terrasse pour assurer la planéité du sol et devait être consacrée principalement au service et au rangement des voitures (la sellerie est dans une des pièces du rez-de chaussée). L’écurie ferme la cour à l’est, ce bâtiment s’intégrant dans les constructions de la partie agricole du château. La cour est entourée d’un mur ouvert au sud sur un jardin en pente.

La façade est

Le visiteur qui vient à Martialis pour le travail agricole ne tourne pas devant la façade nord mais descend le long des bâtiments qui se trouvent à l’est. Il longe d’abord une écurie avec un emplacement pour ranger les voitures. Ce bâtiment intègre la chapelle

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Façade est : l’écurie et la première grange

visible au nord.

Puis, il passe devant une grange, dont le rez-de chaussée donne sur l’écurie de la cours sud. Tous ces bâtiments sont reliés entre eux par des passages, et des portes permettent d’accéder à la maison d’habitation principale.

Le visiteur longe ensuite d’autres bâtiments de fermes et d’habitation jusqu’à une grande porte donnant sur une basse-cour.

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Le cadastre napoléonien en 1838 : le grand bassin à l’ouest (lot 202), le logement seigneurial (lot 199), et les bâtiments de ferme (lot 198)

Cette reconstitution hypothétique est un exercice compliqué. La bâtisse a connu de nombreux remaniements par la suite. Ceux ci ont été recouverts d’enduits qui rendent difficiles l’identification des différentes phases de construction ou de transformation.

Mais le plan masse que l’on voit sur le cadastre napoléonien de 1838 montre que l’essentiel des constructions actuelles existent à l’époque, et que le château a sans doute peu changé dan ses grandes masses.

Bibliographie

– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top

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De Michaelis, baron de Martialis

Dans le cadre de l’inventaire des monuments historiques du Pays d’Aigues, une étude de Martialis et de ses origines a été faite par Elisabeth Sauze et Neste Fustier.
La construction de la bâtisse actuelle est attribuée par l’étude Sauze-Fustier à la famille de Michaelis. Les De Michaelis ne sont qu’une des familles aristocratiques qui a habité Martialis. Il n’a pas été trouvé de document ni d’inscription permettant de dater la bâtisse ou de l’attribuer à un maitre d’ouvrage ou un maître d’œuvre.
Mais les De Michaelis sont les premiers à s’être attribué le titre de seigneur de Martialis, il est donc logique de les voir comme les constructeurs du château.

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Le triptyque du Buisson Ardent qui était exposé aux Grands Carmes d’Aix (aujourd’hui détruits) où sont enterrés les De Michaelis

La famille de Michaelis

« Les Michaëlis, écrit l’historien Roux-Alpheran en 1848, étaient « fort anciens dans Aix, avaient donné une foule de syndics et de consuls, de magistrats au parlement et à la cour des comptes, et s’étaient divisés en plusieurs branches qui se sont éteintes dans le courant du XVIIIe siècle ». » (cité sur le site généalogique des familles consulaires ou notables de Haute Provence ou du Pays d’Aix).
Les Michaelis sont une famille de grands bourgeois d’Aix. Le plus ancien connu est Jean Michaelis, fils de marchand, notaire à Aix en 1500, nommé au Parlement de Provence en 1502. Son fils Esprit Michaelis. est également bourgeois à Aix. Le petit fils de Jean, Joseph de Michaelis est seigneur de Vinert et conseiller à la cour des comptes de Provence.
Le fils de Joseph, Jean Augustin de Michaelis, né en 1614, est avocat à Cour du Parlement de Provence, conseiller à la Cour des comptes de Provence en 1638, puis conseiller au Parlement de Provence en 1650.
Il est le premier qualifié de sieur de Martialis. C’est donc soit lui, soit son père qui a acheté Martialis aux d’Escalis, et qui a obtenu que la propriété soit élevée au rang de fief, conférant ainsi un titre nobiliaire à son propriétaire.
Jean Augustin meurt à Aix et est inhumé le 21 mai 1689 aux Grands Carmes de Aix comme la plupart de ses ancêtres (l’église des Grands Carmes a disparue et se trouvait entre l’actuel Palais de Justice et le Court Mirabeau).

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L’entrée de l’Hôtel de Michaelis au 11 rue Gaston de Saporta

Sauveur

Son fils Sauveur de Michaelis Martialis nait en 1649. Il est d’abord chevalier de l’Ordre de Malte, puis conseiller du Parlement de Provence à la place de son frère Vincent décédé en 1676. Il est alors sans doute propriétaire de Martialis dont il porte le titre et d’un hôtel particulier au 11 rue Gaston de Saporta, rue qui fait la liaison entre l’évêché et la cathédrale Saint Sauveur d’un coté, le beffroi et l’hôtel de ville de l’autre.
En 1700, Sauveur de Michaelis est accusé de prévarication et concussion. Il est condamné et démis de sa fonction. Il meurt en 1719 à Aix et est inhumé à son tour aux Grands Carmes d’Aix.
Pour l’instant nous ignorons les raisons exactes de la condamnation de Sauveur de Michaelis. Le site sur les anciennes familles de Provence insiste que le fait que les Michaelis ont été accusés d’avoir usurpé leur titre.
« Leur ancienneté ne justifie cependant pas les prétentions qu’ils eurent à l’époque des Réformations de noblesse, sous Louis XIV, d’appartenir à une noblesse de race en produisant des titres falsifiés faisant apparaître pour auteur un Jean de Michaelis secrétaire de Louis III d’Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, dans les années 1420. « Je ne trouve aucun acte de Louis III, comte de Provence, signé Jean Micaelis comme son secrétaire mais bien comme notaire » rectifiait dès les premières années du XVIIIe siècle Barcillon de Mauvans, en rappelant que les charges de notaires quoique honorables n’attestaient pas la noblesse, au contraire. »
La société d’Ancien Régime est une société de caste. Ne pas être noble, c’est voir s’éloigner un certain nombre d’opportunités. Il est donc normal qu’une famille comme les Michaelis, à la limite entre les deux Etats, cherche à passer de la bourgeoisie à la noblesse. Au début du XVIII siècle, le pouvoir royal, comme les nobles d’ancienne noblesse font une chasse à ces pratiques. Est-ce cela qui explique le procès de Sauveur de Michaelis ?
Mais cette volonté de s’anoblir, se lit dans l’architecture de Martialis, où l’adjonction de

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Les tours féodales de Martialis

plusieurs éléments architecturaux transforme une grosse ferme en château aristocratique.
Quoiqu’il est soit, Sauveur avait épousé le 5 juillet 1682 en l’église de Saint-Didier (Vaucluse), Sybille Aldonce Hyacinthe de Thezan Venasque. Elle meurt à Martialis le 23 juin 1733 et est inhumée le lendemain en l’église des Carmes de Pertuis (aujourd’hui la Médiathèque de Pertuis).

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Les Carmes de Pertuis (aujourd’hui la Médiathèque) où était enterrée Sybille

Sauveur et Sybille ont eu six enfants, trois garçons et trois filles, dont on ne connaît que les dates de naissance. Sont-ils morts pendant leur enfance ? Ont-ils été entrainés dans la déchéance de leur père ? Quoiqu’il en soit cette branche des Michaelis disparaît de l’Histoire après la mort de Sybille, sans qu’on sache exactement comment se fait la transition avec les futurs occupants de la maison.

Bibliographie

– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top
– site Genobco.free.fr Anciennes familles de Provence

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