La faillite

 

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Beffroi d’Alleins

Alleins

Alleins est un village au sud-ouest de Martialis, de l’autre coté de la Durance. On y accède par le pont  entre Mérindol et Mallemort.

La mairie a placé quelques plaques historiques qui permettent de se faire une idée de la famille Renaud d’Alleins.

Les Renaud sont une famille d’Arles. A la fin du XVe, en remboursement de frais engagés au service du roi, ils obtiennent la seigneurie d’Alleins. Ils reconstruisent alors un château qui surplombe le village. Le beffroi du village porte les armes de la famille « de gueule aux dix losanges d’or placés en 4-4-2 ». En mars 1695, une lettre patente de Louis XIV élève le seigneur César d’Alleins au titre de marquis.

Lors de la Révolution, en mai 1790, le quatrième marquis, Philippe Emmanuel Melchior De Renaud d’Alleins part pour l’émigration. Ses biens et son château sont saisis.  Le bâtiment est démantelé. Ses ruines dominent toujours le village.

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Les ruines du château d’Alleins

La faillite

C’est un membre par alliance de cette famille qui hérite vers 1840 du château de Martialis.  L’héritière, Madame Albine Virginie de Grasse du Bar est  veuve du Comte Adolphe Frédéric Henri Emmanuel de Renaud d’Alleins. Elle a un fils, le comte Henri Maxime Philippe de Renaud d’Alleins.

Le 29 août 1858,  Le Comte Henri et sa mère sont mis en faillite sur la demande de Etienne Constantin, banquier à Aix-En-Provence. Un jugement du Tribunal d’Instance d’Apt ordonne la mise en adjudication de ses biens, situés sur les communes de Pertuis, Villelaure et Ansouis. Pour permettre cette vente ces biens sont répartis en trente  lots dont le jugement donne une description et le positionnement sur le cadastre napoléonien.

Les biens mis en adjudication

Les premier et deuxième lots sont deux maisons mitoyennes à Pertuis appartenant au Comte Henri. Elles comportent puit à eau, caves et deux écuries. Elles sont situées au coin des rues Petite et Beaujeu face à la Maison dite de la Reine Jeanne. Les bâtiments actuels à cet endroit sont sans caractéristique permettant de les dater. La partie ouest de la premier maison a été détruite pour permettre le passage de la rue François Morel en 1864.

Les lots 3 à 14  sont des terres agricoles situées autour de la route entre Pertuis et Villelaure et remontant vers Ansouis, jusqu’à la limite de la ferme de l’Hôpital. Le lot principal 9, d’une contenance de 20 hectares 57 ares porte une ferme dite des Blancs,  quartier de Val Jouanis.  La ferme comprend « cuisine, chambres, grenier à blé, écurie, grenier à foin, bergerie, hangar, loge à cochon, poulailler, cour, relarg, puit à eau, aire et garenne. »

Tous ces lots, y compris les maisons de Pertuis sont loués ou affermés. Ils appartiennent en propre au comte Renaud d’Alleins.

Les lots 15 à 26 constitue un ensemble homogène, d’un seul tenant, appartenant à sa mère la veuve De Grasse de Bar, et couvrant une surface d’environ 150 hectares. Celui-ci est situé au Sud-Est de la commune d’Ansouis

Ils comprennent un Château, celui de Martialis, et trois bâtiments de ferme : l’Hôpital (aujourd’hui Château Turquan) le Bastidon, et la Bastide Neuve.

Martialis est le lot 18. « Un château monté de deux étages sur le rez de chaussée, avec cour, relargs, bâtiment de ferme, écuries, grenier à foin, remise, colombiers, garenne, loges à cochons, bergeries, bosquets, bassin,  fontaine, lavoir, jardin, prairies, terres labourables et arrosables, » «  le tout sur une surface de 48, 26 hectare « complantées d’amandiers, muriers, chênes et peupliers ». Ce lot confronte le chemin de la Tour d’Aigues à Ansouis, celui de Pertuis à la Motte d’Aigues, les bois de la Bastide Neuve, et le Vallat de Chabronne. 

Le lot 15 est la ferme de l’Hôpital comportant « écurie, grenier à foin, bergerie, cour, source d’eau,  fontaine,  bassin », le tout sur un terrain de 29,51 hectares.

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vue de la ferme de l’Hôpital avec le village d’Ansouis au fond

La ferme du Bastidon constitue le lot 17. Il comprend un « bâtiment de ferme, écurie, grenier à foin, hangar, terres labourables, pré, vignes », le tout sur un terrain de 4,80 hectares.

La Bastide Neuve est le lot 27,  « un bâtiment de ferme, écurie, grenier à foin, cour, hangar, avec terre labourable, vigne, hermas et bois » sur un terrain de 40 hectares.

Les autres lots sont des terres agricoles sur les quartiers de l’Hôpital, de Roumias (aujourd’hui la ferme des Marchand), du Pigeonnier (sans doute les terres sous le lotissement auquel appartient l’Art Glacier), de Malacarre (jusqu’à la terre des Bruni),  de la Longue Terre (propriété maintenant de la famille Théry), et la Bastide Neuve.

La veuve  De Grasse de Bar a essayé d’échapper à la saisie. Avec son fils elle fait appel sans succès. Surtout elle tente d’y échapper en transférant ses biens par une vente du 15 juin 1855, à Jean-Baptiste d’Hulpaïs, propriétaire et maire à Fuveau (commune au Sud d’Aix). Cet acte est annulé par le Tribunal d’Apt le 16 août 1856, qui considère que l’acte avec Monsieur d’Hulpaïs était un simple mandat de vente sans transfert de la propriété du bien.

En complément, enfin Dame Veuve de Grasse de Bar a aussi l’usufruit du Val Jouanis, que son mari a légué à sa fille (celle-ci en gardant la propriété). Cet usufruit est également saisi et mis en adjudication.

Rien dans l’acte d’adjudication ne permet de comprendre comment Henri Renaud d’Alleins a fini par devoir une telle somme à son banquier. A-t-il fait des dettes de jeu ? Est-il devenu fou, ce qu’accréditerait la tradition selon laquelle il se promenait sur ses terres en brulant des billets de banque.

Quoiqu’il en soit ses biens et ceux de sa mère sont dispersés, et le  22 septembre 1858, Louis Joseph Laugier ; demeurant à Sannes, et sa femme Dame Marie Anne Mathieu deviennent propriétaires de Martialis. La somme de quarante mille francs est payée grâce à la dot de la dame.

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carte d’Etat-Major permettant de voir les différents lieux de la propriété de la comtesse.

Bibliographie

Acte du tribunal d’Apt en date du 28 août 1858
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Les derniers seigneurs du château

Bref rappel, Martialis apparaît pour la première fois dans les archives comme la propriété de la famille Sabran, qui fait les premières constructions. Il passe ensuite entre les mains de la famille de Michaelis. Celle-ci fait de la maison le support de ses ambitions aristocratiques. Elle obtient que la terre de Martialis devienne un fief, et les Michalelis deviennent les barons de Martialis. Ils sont considérés comme la famille qui a construit Martialis, et lui a donné cette allure aristocratique avec tours féodales et chapelle. Mais ils sont loin d’être les seuls propriétaires du château. Faisons un tour de ces aristocrates qui se sont succédés dans ces murs.
Constans
Les Constans sont une vieille famille d’Aix en Provence. Ils y étaient marchands de laine, puis de drap et de soie. C’est un certain Constans qui au début du XVII siècle achète la terre du Castellet (Alpes de Haute Provence) puis en 1711 un office de conseiller secrétaire du roi en la chancellerie de Provence.
Son arrière petit fils, Christophe de Constans du Castellet né au début du XXVIIIe est déclaré baron de Martialis à Ansouis. Ce militaire était lieutenant au régiment d’infanterie de Nivernais, et « capitaine des volontaires dans la dernière invasion en Provence », Il décéde avant 1786. Il avait épousé le 22 juillet 1755 en l’église de Sannes, Thérèse Suzanne Fournier de Fulconis.
Le couple a quatre enfants : Jean-Baptiste César Christophe, décédé à 11 mois en septembre 1757 ; Charlotte Suzanne Marie-Thérèse, née un mois après la mort de son frère, et décédée en 1790 ; Catherine Julie et enfin Jean-Baptiste Pierre Joseph né le 11 juin 1761 à Pertuis.
Jean-Baptiste de Constans Martialis est aussi un militaire. Il s’engage au service du roi le 12 février 1779, nommé capitaine d’infanterie, puis réformé, Il décède le 23 novembre 1827 à la Seyne-sur-Mer (Var), âgé de 66 ans.
Jean-Baptiste fut sans doute le dernier Constans propriétaire de Martialis même si ses enfants portent encore le nom du château après la période révolutionnaire.
La confiscation de la Révolution
A une date inconnue, la commune d’Ansouis confisque le château à ses propriétaires, comme ayant émigrés. Le 24 floréal an 6 (13 mai 1798), un appel d’offre attribue à un certain François Signoret la gestion de la « Bastide de Martialis appartenant à la commune». Il obtient cette gestion en contrepartie d’une rente annuelle de trois cent trente trois livres. Il doit également répondre à d’autres contraintes. Il doit laisser une partie des terres en prés sur lesquels les bestiaux de la commune peuvent pâturer. Il ne peut pas non plus empêcher la commune d’aller y chercher du bois.
Cette exploitation ne devait pas être viable, car ensuite la bastide est vendue à un membre de la famille Portalis.
Les Portalis

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Jean-Etienne Portalis

L’étude Sauze-Fustier écrit « Elle appartint, semble-t-il, au comte de Portalis, ministre de Napoléon Ier ». En cela elles suivent une monographie communale de la fin du XIXe. (Opus cité dans leur étude : BANCAL. Arrondissement d’Apt, monographies communales, Cavaillon, 1896, p. 165. ). Si cela est vrai, Martialis entre dans la grande Histoire.
Né le 1er avril 1746 au Beausset (Var), Jean-Étienne-Marie Portalis était un juriste et un avocat de Aix reconnu avant la Révolution. Un de ses essais est salué par Voltaire, et il s’illustre dans un procès pour divorce contre le Comte de Mirabeau.
La Révolution est une période compliquée pour lui. Franc-Maçon, il est plutôt gagné aux idées de réforme. Mais en même temps il reste un monarchiste. Il produit même un libelle « Défense du Roi », pendant le procès de Louis XVI. Sa carrière devient chaotique. Il est contraint à plusieurs reprises à abandonner sa carrière d’avocat, voire à s’exiler en Suisse et en Allemagne. Installé à Paris, il rentre en grâce avec le coup d’Etat du 18 brumaire.
Commissaire du Gouvernement puis Conseiller d’Etat, il est considéré comme l’un des principaux rédacteurs du Code Civil (le « Code Napoléon »). Il rédige le Discours préliminaire qui précède le projet de Code. Il est aussi un des rédacteurs du Concordat de 1801 qui géra les relations Eglise-Etat jusqu’à la loi de séparation de 1905. On peut donc imaginer le comte de Portalis rédigeant quelques articles du Code Civil dans sa résidence d’été de Martialis, en regardant le Luberon à travers les fenêtres du grand salon.

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Le Luberon depuis Martialis

Il meurt à Paris le 25 août 1807, et est enterré au Panthéon.
Il n’existe pour l’instant pas de pièce d’origine retrouvée permettant d’attribuer de façon certaine la propriété de Martialis au Comte de Portalis. Par contre le titre de propriété de Benjamin Caste en date du 2 février 1872, par lequel celui-ci acquière une partie de Martialis (il en sera question dans une autre chronique), mentionne l’origine du bien. Le Château était la propriété de « Philippe de Portalis Martialis » qui laisse un testament olographe en date du 3 avril 1827, enregistré chez Maître Béraud, notaire à Aix, le 12 mars 1840. Par cet acte, il lègue la propriété de Martialis à Madame Albine Virginie de Grasse du Bar, veuve du Comte Adolphe Frédéric Henri Emmanuel de Renaud d’Alleins.
Avec cette dame et son fils Henri Maxime va s’achever l’histoire de Martialis, bastide aristocratique.
Bibliographie
– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top
– site Genobco.free.fr Anciennes familles de Provence
– Archives départementales du Vaucluse : acte d’adjudication du 24 floreal an 6

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Le château

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Arrivée par Ansouis à Martialis ; on voit la porte à l’ouest et au second étage les deux types de fenêtres : à l’ouest fenêtre voutée, à l’est fenêtres rectangulaires

Le voyageur du XVIII° arrivait au château de Martialis comme le promeneur d’aujourd’hui. Le château est en contre-bas du carrefour entre la route d’Ansouis à la Tour d’Aigues et celle de Cabrière d’Aigues à Pertuis. Il apparaît sur la carte de Cassini. Sur la carte, l’accès au château se fait comme aujourd’hui depuis la route d’Ansouis au nord.

La façade nord

L’arrivant découvre donc d’abord la grande façade nord, à deux étages, avec son toit presque plat, et la grande génoise qui décore le bord du toit.

Le château est une maison-bloc, comme cela se trouve dans les zones de moyenne

voir version précédente

En 1930, la façade nord. Au rez-de-chaussée, les encadrements de toutes les grandes fenêtres du château existent encore

montagne. Il est possible de circuler dans les différentes parties du bâtiment par l’intérieur. Les portes et passages qui permettaient cette circulations sont aujourd’hui bouchés, mais visibles dans la maison. Ils permettaient d’aller des étables et des granges à l’habitation sans sortir, évitant ainsi le froid de l’hiver.

Les murs sont construits suivant la technique de la maçonnerie en blocage. Un coffrage délimite les murs, il est rempli de pierres,  puis un mortier de sable et de chaux permet de combler les vides. Une fois le coffrage de bois retiré le mur est enduit pour effacer les inégalités. C’est une technique ancienne ne nécessitant pas de main d’œuvre qualifiée. Seuls les angles du bâtiment et les ouvertures sont en pierre de taille.

Lorsqu’il arrive au château, par le chemin au nord–est, le voyageur aristocratique tourne à gauche et longe la façade. Il découvre d’abord la chapelle, avec sa fenêtre en ogive et l’oculus au dessus du maître-autel. Puis il passe devant une pièce qui devait être une cuisine,  le grand salon, au plafond surélevé, et éclairé par deux immenses fenêtres. Avant l’arrivée à l’entrée d’apparat avec son escalier d’honneur.

Cette façade nord porte la trace de plusieurs campagnes de construction.

La porte au lieu d’être au centre de la construction comme il est habituel se trouve sur le coté ouest de cette façade. De plus les fenêtres sont de deux styles différents. La porte et les fenêtres de l’ouest sont surmontées d’une voute, les fenêtres vers l’est sont strictement rectangulaires. Ceci suggère que l’ouest de la maison a été construit d’abord, puis qu’une extension vers l’est a permis d’abriter le grand salon et la chapelle. Peut-être la partie la plus ancienne est-elle la construction commandée par Sextius d’Escalis.

La façade sud

Une fois ses passagers descendus, la voiture à cheval fait le tour du bâtiment. Par une rampe, elle longe un grand bassin à l’est, et descend vers  la cour au sud. La façade sud est plus étroite que la façade nord. Elle est entourée par deux tours qui lui donnent une allure féodale (voir photo sur la chronique précédente). La différence de longueur est

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Façade sud la façade est plus étroite et les fenêtres plus petites

rattrapée par une  petite cour à l’est entourée de murs presque aveugles. Les fenêtres de cette partie sud sont beaucoup moins grandes que celles du nord, afin d’éviter le soleil d’été.

La façade fait trois étages. Au rez-de-chaussée, les pièces voutées s’ouvrent sur la cour, et donnent au nord sur les caves.

La cour est  sur une terrasse pour assurer la planéité du sol et devait être consacrée principalement au service et au rangement des voitures (la sellerie est dans une des pièces du rez-de chaussée). L’écurie ferme la cour à l’est, ce bâtiment s’intégrant dans les constructions de la partie agricole du château. La cour est entourée d’un mur ouvert au sud sur un jardin en pente.

La façade est

Le visiteur qui vient à Martialis pour le travail agricole ne tourne pas devant la façade nord mais descend le long des bâtiments qui se trouvent à l’est. Il longe d’abord une écurie avec un emplacement pour ranger les voitures. Ce bâtiment intègre la chapelle

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Façade est : l’écurie et la première grange

visible au nord.

Puis, il passe devant une grange, dont le rez-de chaussée donne sur l’écurie de la cours sud. Tous ces bâtiments sont reliés entre eux par des passages, et des portes permettent d’accéder à la maison d’habitation principale.

Le visiteur longe ensuite d’autres bâtiments de fermes et d’habitation jusqu’à une grande porte donnant sur une basse-cour.

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Le cadastre napoléonien en 1838 : le grand bassin à l’ouest (lot 202), le logement seigneurial (lot 199), et les bâtiments de ferme (lot 198)

Cette reconstitution hypothétique est un exercice compliqué. La bâtisse a connu de nombreux remaniements par la suite. Ceux ci ont été recouverts d’enduits qui rendent difficiles l’identification des différentes phases de construction ou de transformation.

Mais le plan masse que l’on voit sur le cadastre napoléonien de 1838 montre que l’essentiel des constructions actuelles existent à l’époque, et que le château a sans doute peu changé dan ses grandes masses.

Bibliographie

– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top

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De Michaelis, baron de Martialis

Dans le cadre de l’inventaire des monuments historiques du Pays d’Aigues, une étude de Martialis et de ses origines a été faite par Elisabeth Sauze et Neste Fustier.
La construction de la bâtisse actuelle est attribuée par l’étude Sauze-Fustier à la famille de Michaelis. Les De Michaelis ne sont qu’une des familles aristocratiques qui a habité Martialis. Il n’a pas été trouvé de document ni d’inscription permettant de dater la bâtisse ou de l’attribuer à un maitre d’ouvrage ou un maître d’œuvre.
Mais les De Michaelis sont les premiers à s’être attribué le titre de seigneur de Martialis, il est donc logique de les voir comme les constructeurs du château.

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Le triptyque du Buisson Ardent qui était exposé aux Grands Carmes d’Aix (aujourd’hui détruits) où sont enterrés les De Michaelis

La famille de Michaelis

« Les Michaëlis, écrit l’historien Roux-Alpheran en 1848, étaient « fort anciens dans Aix, avaient donné une foule de syndics et de consuls, de magistrats au parlement et à la cour des comptes, et s’étaient divisés en plusieurs branches qui se sont éteintes dans le courant du XVIIIe siècle ». » (cité sur le site généalogique des familles consulaires ou notables de Haute Provence ou du Pays d’Aix).
Les Michaelis sont une famille de grands bourgeois d’Aix. Le plus ancien connu est Jean Michaelis, fils de marchand, notaire à Aix en 1500, nommé au Parlement de Provence en 1502. Son fils Esprit Michaelis. est également bourgeois à Aix. Le petit fils de Jean, Joseph de Michaelis est seigneur de Vinert et conseiller à la cour des comptes de Provence.
Le fils de Joseph, Jean Augustin de Michaelis, né en 1614, est avocat à Cour du Parlement de Provence, conseiller à la Cour des comptes de Provence en 1638, puis conseiller au Parlement de Provence en 1650.
Il est le premier qualifié de sieur de Martialis. C’est donc soit lui, soit son père qui a acheté Martialis aux d’Escalis, et qui a obtenu que la propriété soit élevée au rang de fief, conférant ainsi un titre nobiliaire à son propriétaire.
Jean Augustin meurt à Aix et est inhumé le 21 mai 1689 aux Grands Carmes de Aix comme la plupart de ses ancêtres (l’église des Grands Carmes a disparue et se trouvait entre l’actuel Palais de Justice et le Court Mirabeau).

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L’entrée de l’Hôtel de Michaelis au 11 rue Gaston de Saporta

Sauveur

Son fils Sauveur de Michaelis Martialis nait en 1649. Il est d’abord chevalier de l’Ordre de Malte, puis conseiller du Parlement de Provence à la place de son frère Vincent décédé en 1676. Il est alors sans doute propriétaire de Martialis dont il porte le titre et d’un hôtel particulier au 11 rue Gaston de Saporta, rue qui fait la liaison entre l’évêché et la cathédrale Saint Sauveur d’un coté, le beffroi et l’hôtel de ville de l’autre.
En 1700, Sauveur de Michaelis est accusé de prévarication et concussion. Il est condamné et démis de sa fonction. Il meurt en 1719 à Aix et est inhumé à son tour aux Grands Carmes d’Aix.
Pour l’instant nous ignorons les raisons exactes de la condamnation de Sauveur de Michaelis. Le site sur les anciennes familles de Provence insiste que le fait que les Michaelis ont été accusés d’avoir usurpé leur titre.
« Leur ancienneté ne justifie cependant pas les prétentions qu’ils eurent à l’époque des Réformations de noblesse, sous Louis XIV, d’appartenir à une noblesse de race en produisant des titres falsifiés faisant apparaître pour auteur un Jean de Michaelis secrétaire de Louis III d’Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, dans les années 1420. « Je ne trouve aucun acte de Louis III, comte de Provence, signé Jean Micaelis comme son secrétaire mais bien comme notaire » rectifiait dès les premières années du XVIIIe siècle Barcillon de Mauvans, en rappelant que les charges de notaires quoique honorables n’attestaient pas la noblesse, au contraire. »
La société d’Ancien Régime est une société de caste. Ne pas être noble, c’est voir s’éloigner un certain nombre d’opportunités. Il est donc normal qu’une famille comme les Michaelis, à la limite entre les deux Etats, cherche à passer de la bourgeoisie à la noblesse. Au début du XVIII siècle, le pouvoir royal, comme les nobles d’ancienne noblesse font une chasse à ces pratiques. Est-ce cela qui explique le procès de Sauveur de Michaelis ?
Mais cette volonté de s’anoblir, se lit dans l’architecture de Martialis, où l’adjonction de

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Les tours féodales de Martialis

plusieurs éléments architecturaux transforme une grosse ferme en château aristocratique.
Quoiqu’il est soit, Sauveur avait épousé le 5 juillet 1682 en l’église de Saint-Didier (Vaucluse), Sybille Aldonce Hyacinthe de Thezan Venasque. Elle meurt à Martialis le 23 juin 1733 et est inhumée le lendemain en l’église des Carmes de Pertuis (aujourd’hui la Médiathèque de Pertuis).

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Les Carmes de Pertuis (aujourd’hui la Médiathèque) où était enterrée Sybille

Sauveur et Sybille ont eu six enfants, trois garçons et trois filles, dont on ne connaît que les dates de naissance. Sont-ils morts pendant leur enfance ? Ont-ils été entrainés dans la déchéance de leur père ? Quoiqu’il en soit cette branche des Michaelis disparaît de l’Histoire après la mort de Sybille, sans qu’on sache exactement comment se fait la transition avec les futurs occupants de la maison.

Bibliographie

– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top
– site Genobco.free.fr Anciennes familles de Provence

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Préhistoire

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Le donjon de Cucuron

La préhistoire, c’est la période avant l’écriture. Comme le premier texte mentionnant Martialis date du début du XVII siècle, la préhistoire finit tard à Martialis. Il est utile de dire un mot de cette préhistoire au Pays d’Aigues.

Féodalité

Avant 815 et la Villa Marciana, rien dans les textes ou le paysage ne préfigure Martialis. Les fouilles archéologiques dans le Pays d’Aigues ont permis de retrouver des pierres taillées paléolithiques, des restes de tombe et de villa gallo-romaine. Vous pourrez voir cela au Musée Marc Deydier de Cucuron. Mais vous ne verrez  guère de trace en vous promenant dans la campagne.
Au  IX siècle, les cartulaires permettent de savoir que la région était tenue par la Villa Marciana dépendant de l’évêque de Marseille. Mais entre cette période et le XII siècle, l’autorité centrale s’effondre. La Provence est terre d’Empire, elle est divisée entre le Marquisat de Provence qui tient la vallée du Rhône et le Comté de Provence qui s’étend sur le reste de la région. Le Marquisat devient propriété du comte de Toulouse et le Comté du comte de Barcelone. Ces maîtres lointains ne tiennent pas  la région. Le Pays d’Aigues devient le domaine de petits seigneurs de la guerre. Ils construise des Castra, des châteaux-forts. « Le Castrum d’Ansouis est mentionné en 961, Cucuron en 1004, Sannes en 1045, Cadenet est mentionné en 1075, Grambois et Saint-Martin-De-La Brasque se constituent dans la seconde moitié du XI° siècle. »   Le paysage actuel commence à apparaître. Les habitants se réunissent dans des villages perchés, construits autour du château protecteur. C’est l’instauration du régime politique de la féodalité comme partout en France et en Europe. Les seigneurs de la guerre sont liés entre eux par des liens familiaux et des serments de fidélité plus ou moins respectés. Les guerres entre seigneurs continuent, et peut-être les incursions pillardes des sarrasins qui disposent d’une implantation permanente sur la cote à la Garde-Freinet. De cette époque reste le vestige du château de Cucuron, que tenait l’un de ces seigneurs.
En 1175, le Comte de Toulouse donne la main de Garsende, comtesse de Forcalquier à

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Reliquaire de Elzear de Sabran en l’église Saint Pierre Saint Barthelemy de Vaugines

Raymond de Sabran. Celui-ci est  originaire d’un village du même nom à coté d’Uzès. Le fief d’Ansouis tombe ainsi entre ses mains.
Les Sabran vont progressivement devenir l’une des grandes familles de Provence, soumettant tous les petits seigneurs. Ils obtiennent que l’un des leurs, Elzéar de Sabran soit canonisé en 1369, ainsi que sa femme Delphine.
Cette période des XII et du XIII siècles voit une grande expansion démographique. Les villages s’étendent, la plupart des églises du Pays d’Aigues sont construites alors pour recevoir les fidèles.  Cette expansion est rendue possible par le réchauffement climatique, le climat français est alors 4 à 5 degrés plus chaud que le climat actuel. Le progrès technique contribue aussi au développement des moulins hydrauliques puis éoliens, à l’amélioration de l’attelage des chevaux et des bœufs).  C’est aussi une grande période défrichement et d’extension de la surface cultivée. Les collines se couvrent de terrasses, les plaines et les vallées sont drainées par des canaux.
A la même époque Pertuis se développe. Propriété de l’abbaye de Montmajour, la petite ville devient le bourg le plus important de la région après Cavaillon.

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Saint Sébastien, un des saints évoqués pour combattre la peste (statue à Saint Nicolas de Pertuis)

La famine, la peste et la guerre

La conjoncture se retourne au XIV siècle. La France entre dans le petit âge glaciaire qui dure jusqu’au XVII siècle. Les rendements agricoles diminuent, la famine revient. En 1347, la peste noire arrive à Marseille et va se rependre sur toute l’Europe. La région subit aussi  les conséquences collatérales de la guerre de cent ans. Raymond de Turennes, maître d’une grande compagnie ravage la région. La famine, la peste et la guerre s’abattent sur la région. C’est vrai partout en France et en Europe. Mais si la diminution de la population est estimée au quart ou au tiers des personnes vivantes partout ailleurs sur le continent, elle monterait  à 70% dans les régions qui entourent le Luberon.
Des villages entiers comme Cabrières ou Lourmarin sont désertés. Ceux qui restent, La Tour d’Aigues, Cucuron, Ansouis,  Pertuis sont entourés de murailles défensives dont les vestiges sont encore visibles.

Reconstruction

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Porte du Rempart à Cucuron

Les grands propriétaires de la région, les Sabran, les d’Agoult vont s’efforcer d’attirer de nouveaux habitants. Ils sont également propriétaires de terres en Dauphiné et dans le Piémont. Or le refroidissement climatique provoque le recul de l’agriculture de haute montagne. L’élevage sur les alpages nécessite moins de bras. Cette main d’œuvre va descendre dans le Luberon. Ce serait de l’ordre
Les villages abandonnés sont repeuplés, un habitat dispersé apparait sur les collines qui bordent le Luberon. Le produit de l’agriculture augmente, des plantes destinées à un usage industriel sont cultivées :   l’olivier, dont l’huile est un conservateur important dans toute l’économie, le murier qui porte le vers à soie, essentiel  pour le textile. Les nobles se font construire des demeures d’agrément. Les châteaux de Lourmarin, Ansouis, Sannes, la

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Le Château de Lourmarin

Tour d’Aigues, Mirabeau sont construits.
Mais ces nobles habitent souvent à Aix-en-Provence. La ville est devenue siège du Parlement de la province depuis la mort du roi René et le rattachement au royaume de France en 1482. Pertuis fait la jonction entre la ville et les campagnes du Pays d’Aigues. La ville s’entoure d’établissements religieux destinés à l’éducation des jeunes aristocrates ou au secours contre la maladie. Les carmes, les ursulines, les oratoriens ont chacun leur établissement.
C’est dans ce monde recomposé que Martialis est mentionné pour la première fois.

Bibliographie

Collectif : Le Luberon Encyclopédie d’une montagne provençale (Alpes de Lumière 2013)

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Premières traces

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Une des premières mentions manuscrites de Martialis

L’inventaire des monuments historiques

A la fin des années 1960 et au cours des années 70, le patrimoine architectural du Pays d’Aigues fit l’objet d’un travail d’inventaire mené par le Ministère de la Culture. Ce travail est finalisé en 1981 par la publication de l’Inventaire Général des Monuments et des richesses artistiques du Pays d’Aigues.
Celui-ci contient une notice sur Martialis. Celle-ci s’appuie sur une étude archivistique et sur le terrain réalisée par Elisabeth Sauze et Neste Fustier, illustrée de photographies de Gérard Roucaute. Cette étude a été publiée sur internet. Cette publication a été faites par le Conseil Régional de Provence-Alpes-Cote-d’Azur. Celui-ci est désormais en charge de l’inventaire des monuments, du fait des transferts de compétence liées aux lois de décentralisation.
La date de l’enquête est de 1968, et la date de rédaction 1987 (soit après la publication de l’Inventaire). Le plus probable est que l’essentiel du travail a été fait en 1968, et que sa finalisation  est de 1987. Elisabeth Sauze est également celle qui a fait l’étude sur la Villa Marciana. Elle connaissait donc son sujet.
L’étude porte sur l’époque où Martialis appartenait à des aristocrates. Elle est incomplète. Du point de vue archivistique d’abord, les étudiants n’ont trouvé d’éléments ni sur la principale phase de construction, ni sur les transferts de propriété, qui ont fait que la maison a appartenu à plusieurs familles aristocratiques successives. En tant qu’enquête de terrain. Ils n’ont pu accéder à l’intérieur de la maison qu’à l’étage inférieur de la bâtisse principale. Le reste leur est inconnu.
Mais avec ces limites, ce travail est le plus sérieux trouvé sur cette première époque. Pour l’instant, il n’a été possible de le compléter qu’avec l’observation sur le terrain, et les informations concernant les familles disponibles sur internet.

Première constructions connues : La maison des Sabran

Un inventaire de la région a été fait en 1578. Il ne mentionne pas Martialis. Le bâtiment apparaît en 1604 dans un acte juridique comme appartenant à Marguerite de Forbin, femme d’Honoré de Sabran, baron d’Ansouis.
Cette branche des Sabran s’arrête dix ans plus tard avec la mort de Gaspard de Sabran le 14 mai 1614. Celui-ci a perdu son fils unique, Etienne, auparavant. Il lègue alors son titre et ses biens  à un de ses cousins Sextius d’Escalis, sous condition que celui-ci reprenne son nom.
Sextius d’Escalis Baron de Bras est un noble habitant Aix en Provence et Marseille. Il est

Mairie Aix

Aix en Provence le beffroi

aussi consul d’Aix-En-Provence en 1630, 1647, 48, 49,50 (le titre de consul est l’équivalent de celui de  maire), et viguier (juge) de Marseille en 1636. Il a été aussi Capitaine Lieutenant de la Compagnie des Gendarme du gouverneur de Provence, le Maréchal de Vitri. Il possède de nombreuses terres et seigneuries. Il est seigneur de Saint Jullien, d’Estoblon, de Bellegarde. Il hérite de la seigneurie de St Martin de Pallières par la mort sans postérité de Louis d’Escalis, son cousin et beau frère. Enfin il hérite d’Ansouis grâce au legs de Gaspard de Sabran.
Pour autant qu’on puisse le comprendre, Sextius d’Escalis mène la vie d’un noble de Province s’occupant de ses terres et participant à la vie politique locale. Il est mentionné comme chef de partie dans un conflit entre le Parlement et  l’administration royale.
Le changement de famille fait basculer Martialis dans la zone d’influence de Aix. Toutes les familles qui seront propriétaires de la maison du XVII au premier XIX°s appartiennent à la noblesse aixoise. Pour eux, la ferme est l’une de leurs propriétés où ils peuvent se retirer lorsque la chaleur de l’été rend la ville étouffante.
« Le 26 janvier 1632, Sextius d’Escalis, baron d’Ansouis, donna à prix- fait à Claude Brun, Jean Figuière, Marc et Esprit Mouret, tous maçons de Cucuron, la construction d’un corps de logis de deux étages sur cave, en blocage enduit avec deux portes et deux fenêtres en pierre de taille. L’ouvrage fut achevé́ en avril 1634 et coûta 300 livres.
La bastide de Martialis est encore mentionnée comme propriété́ seigneuriale en 1649 ». (étude Sauze-Fustier).
En 1649, Sextius est encore vivant. Il meurt de la peste l’année suivante, alors qu’il est consul. « Lors de son dernier consulat il s’exposa pour soulager le peuple affligé du mal contagieux duquel il fut lui-même atteint et il en mourut, grandement regretté du peuple, dont il avait gagné le cœur par son grand zèle pour le bien public. » (Etat de la Provence)
C’est sans doute après son décès que Martialis est vendu à la famille De Michaelis. Cette vente dont la date est inconnue permet à la maison d’entrer dans le domaine de ceux qui vont lui donner l’essentiel de son apparence actuelle.

bastide aristocratique

Martialis bastide aristocratique

Bibliographie

– P.A Fevrier (Dir.) : Inventaire Général des Monuments et des richesses artistiques de la France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Vaucluse, le Pays d’Aigues, (Imprimerie Nationale, 1981)
– Neste Fustier, Elisabeth Sauze : Etude historique et analyse architecturale de Martialis https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/demeure-bastide/9a285bce-5796-4981-b702-558421250425#top
– arbre généalogique sur Geneanet de Guillaume de Wailly (https://www.geneanet.org/profil/wailly)
– Abbé Espilly Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules …, Volumes 1-6 (1762-1770) sur Google Books
– Dominique Robert de Briançon : L’Etat de la Provence, Volume 2 (Aubouin-1693) sur Google Books
– Laurent Coste et Sylvie Guillaume : Elite et crises du XVI° au XXI° siècle Europe et Outre-mer (Armand Colin-2014) sur Google Books

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Villa Marciana

Villa Marciana

D’où vient le nom de Martialis ?
Martial, est un nom de personne, prénom ou nom de famille. Un Martial a-t-il donné son nom à cette maison et qui était-il ? Quand a-t-il vécu ? Pas de réponses connues à cette question.

L’intuition de Jacquème

Mais un érudit local, le docteur César Jacquème a proposé une identification avec un très ancien toponyme.
Jacquème était un de ces polygraphes du XIXs. Pharmacien, il a écrit divers ouvrages consacré à sa matière professionnelle, « Des matières albuminoïdes », « Histoire chimique et physiologique du protoxyde d’azote », « Étude sur le globulaire », mais aussi une «Histoire de Cadenet (Du Pagus Caudellensis) », publiée à Marseille en 1922-23, et rééditée par la maison Laffitte de Marseille en 1979. Son ouvrage n’est plus trouvable en librairie, mais il est cité par Patrick Ollivier-Elliott, auteur de « Lubéron, Pays d’Aigues, carnet d’un voyageur attentif », sans doute le guide de voyage le plus vendu sur la région.
Jacquème aurait proposé d’identifier Martialis avec la Villa Marciana décrite par le Polyptyque de Waldale.

Une villa au bord de la Durance

Une villa dans l’empire romain et l’antiquité tardive, c’est une exploitation agricole. La villa est l’unité économique de base du monde méditerranéen antique. C’est une grande exploitation, pouvant couvrir plusieurs centaines d’hectare, appartenant à un grand dignitaire, une institution religieuse, ou l’empereur. Elle est exploitée par des esclaves, ou par des colons, c’est-à-dire des serfs, attachés à une terre, et devant verser un tribut au propriétaire soit sous la forme d’une part de récolte, soit sous forme de travaux. La « villa » va survivre pendant tout le haut moyen âge, et même après l’an Mille.
La Villa Marciana est une de ces exploitations. Elle est pour la première fois citée dans le Polyptyque de Waldale. Waldale était un évêque de Marseille qui fit recenser les terres de l’évêché en 814 et 815. La villa est également citée dans un autre recensement datant de 835, qui nous est parvenu du fait de sa conservation dans le cartulaire de l’abbaye de Saint Victor. Les deux textes permettent d’avoir une idée approximative de l’emplacement de la Villa Marciana. « Le polyptyque de 835 donne une description des confronts de la villa Marciana : Durenciam, la Durance; Etam ou Ezam, rivière qu’il faut identifier non avec l’actuelle Eze, qui arrose Pertuis et la Tour-d’Aigues, mais avec le Marderic, qui arrose Ansouis et Villelaure et qu’une charte de 1076 appelle Eza ; Solariolo, un autre petit affluent de la Durance, dont le nom est peut-être conservé dans celui d’un quartier rural d’Ansouis, Soulières, Solarias en 1331, dérivé de l’hydronyme prélatin Sol- ; la terra Domadese déjà mentionnée; la villa Gaudelus [sobriquet latin cautelus : prudent ou caldelus : chaud ou, plus probablement dérivé de la racine oronymique prélatine Kal- : rocher + double suffixe -ad-ellu}, dont le nom figure sur une dédicace à Dexiva et aux Caudellenses découverte dans l’oppidum du Castellar à Cadenet. On peut donc avec vraisemblance situer la villa Marciana dans la partie du piémont du Luberon comprise entre Cadenet. Cucuron, Ansouis et Villelaure. » Pour compléter, Elisabeth Sauze, l’auteur de cette étude, rapproche deux lieux cités dans le polyptyque de 815 avec Cadenet et un lieux-dit sur Cucuron.
La Villa Marciana en 815 ne semble pas en très bon état. Le polyptyque dit qu’il y a dans la villa onze Colonia, des villages de colons, dont dix sont désertés. Notons aussi qu’il s’agit plus d’une réalité administrative que géographique.  Sur le territoire du piémont Luberon se trouvent inclus des propriétés appartenant aux églises d’Arles et de Gap (sans parler probablement de propriétés n’appartenant pas à des entités ecclésiastiques. En 835, il semble que la Villa comprend 24 Colonia, 3 moulins, deux bergeries, un grand jardin seigneurial.
L’encyclopédie du Luberon donne une autre interprétation des villages désertés. Si le nombre de villages change tellement d’un recensement à l’autre et si autant sont vides, c’est peut-être qu’il s’agissait de structures provisoires. Les habitants pratiquaient peut-être une sorte de semi-nomadisme, se déplaçant à chaque fois que la terre devenait improductive. Après tout, ils avaient peu de chose pour améliorer la terre : les brulis, les déjections humaines et animales (à une époque où faute de savoir bien arnacher les bêtes de travail il y a peu d’animaux de traits). Les frontières, les habitats ne cessaient de bouger au gré des recompositions des relations entre personnes.

Martialis et la Villa Marciana

Faut-il considérer que Martialis est le chef lieu de Marciana, comme semble l’avoir pensé le docteur Jacquéme. La proposition est tentante. Outre le rapprochement des noms, il y a la position de Martialis. La maison est sans doute sur la marge du territoire de l’exploitation, au croisement de deux routes, celle qui va de Cadenet à Grambois, et celle qui va de Cabrières d’Aigue au gué de Pertuis.
Le problème est qu’il n’y a aucune trace archéologique permettant de confirmer ce lien. Les bâtiments actuels de Martialis datent vraisemblablement du XVII et du XVIII siècles. Il n’y a aucune trace d’un édifice antérieur. La première trace dans un texte du nom Martialis date de 1615, soit exactement huit siècles après le Polyptyque. L’auteur de l’étude sur le cartulaire exécute donc le sujet en quelques lignes. « Tout le monde s’accorde à placer la villa Marciana [anthroponyme latin Marcius + suffixe -ana] dans la commune d’Ansouis (Vaucluse). Cette localisation repose sur l’identification absurde de Marciana avec Martialis, nom d’une bastide fondée au XVI’ siècle, totalement absent de la nomenclature médiévale. »
Faut-il suivre Elisabeth Sauze dans ce diagnostic brutal ? Il y a au moins un argument qui plaide pour la thèse de Jacquéme. C’est qu‘il n’y a pas d’autres candidats. Martialis est le seul toponyme actuel qui se rapproche de Villa Marciana. La maison n’était peut-être pas le chef lieu de la Villa, mais une grange, une ferme ou même une des  colonia appartenant à Marciana. Auquel cas il n’est pas étonnant qu’il n’y est plus de trace d’édifices qui étaient vraisemblablement fait de torchis et de paille.
En attendant de trouver un parchemin qui permettrait de combler ce trou, il faut se contenter de cette prudente incertitude.

Bibliographie

Patrick Ollivier-Elliott : Luberon Pays d’Aigues, Carnet d’un voyageur attentif (Edisud ; 2008)
Elisabeth Sauze : Le polyptique de Wadalde : problème de toponymie et de topographie provençales en IX siècle (revue Provence Historique, 1984)
Collectif : Le Luberon Encyclopédie d’une montagne provençale (Alpes de Lumière 2013)

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Géographie physique

Pays d'Aigues

L’arc couché du Pays d’Aigues

Comme dans les cours de l’école d’antan, faisons un peu de géographie physique avant de présenter l’histoire des hommes.

La Provence

Martialis est au centre du Pays d’Aigues, au milieu de la Provence.
La Provence est cette région coincée entre les sommets des Alpes et les abysses de la Méditerranée. La poussée du magma a brisé les roches sédimentaires et créé ce paysage chaotique, fait de petites plaines, de de vallées, de collines et de montagnes. La seule unité visible est humaine, apportée par la culture de la vigne et de l’olivier, et par la tuile ronde. Sinon, il est difficile de reconnaître que l’on est dans la même région, entre les chamois de la vallée du Jabron et les taureaux de Camargue. Chacune de ces régions a son identité physique et culturelle. Le paysan ne parlait pas le même provençal à Manosque et à Maillane. En passant d’une région à l’autre, le voyageur devenait facilement l’étranger. L’hospitalité n’est pas forcement une qualité reconnue du provençal.

Le Pays d’Aigues

C’est l’une de ces régions. Elle a la forme d’un arc couché.

luberon

le Luberon sort de la brume du matin

Au Nord, la  corde de l’arc est constituée par la montagne du Luberon. C’est un grand synclinal calcaire, qui court d’ouest en est sur 40 kilomètres de Cavaillon à Manosque. Il culmine au Mourre Nègre à  1125 mètres. C’est une éponge, qui constitue un château d’eau pour la région, alimente tout le réseau hydraulique et donne ce nom de pays d’Aigues, le pays de l’eau.
Au sud, la vallée de la Durance forme l’arc. C’est le prototype de la rivière méditerranéenne, avec son cours divaguant, les crues dévastatrices et ses basses eaux d’été. Elle vient du Nord depuis Gap et Briançon,

durance et villages 011

La Durance

tourne entre Manosque et Mirabeau vers l’Ouest et forme un arc jusqu’à Cavaillon avant de descendre en ligne droite se jeter dans le Rhône  au sud d’Avignon.
Ces deux barrières naturelles limitent l’accès à la région. A l’ouest, il y a un passage étroit mais facile entre Durance et Lubéron, pour aller vers Cavaillon et les plaines fertiles du Comtat Venaissin. A l’est, c’est plus compliqué. Il faut suivre des routes sinueuses à travers les collines pour rejoindre Manosque. Au Nord, le Luberon ne se franchit qu’à travers la gorge escarpée de la combe de Lourmarin, qui permet de rejoindre Bonnieux et la plaine d’Apt. Au sud la Durance constitue une barrière encore plus difficilement franchissable jusqu’au milieu du XIX siècle. Les crues et les changements incessants du lit de la rivière empêchent la construction de ponts jusqu’en 1835. Il n’y a qu’un gué au sud de Pertuis, qui permet de rejoindre Aix en Provence.
Les principaux villages du Pays, Pertuis et Cadenet sont le long de la Durance.

Au centre du Pays d’Aigues

Martialis est au centre de cette région si nettement délimitée.
La bâtisse est à environ 350 mètres d’altitude en contre-bas d’un col entre deux collines. Il permet de passer d’une petite plaine intérieure  à la vallée de l’Eze.
La plaine va de Lourmarin à Cabrières d’Aigues et est bordée par les villages d’Ansouis, Vaugine et Cucuron. La vallée de l’Eze court de Peypin d’Aigues à Pertuis ou elle se jette dans la Durance en passant par Grambois et la Tour d’Aigues.
Le col constitue un carrefour où se croisent la route qui va de Cabrières d’Aigues à Pertuis et celle d’Ansouis à la Tour d’Aigues.
Le carrefour explique sans doute la place de cette grosse ferme. Elle est protégée du vent au sud et à l’est par des collines. Au nord un petit plateau sur les terres de la Pourrette fait une bonne terre à blé.
Une source à côté de la maison alimente un cours d’eau. Celui-ci circule d’est en ouest

Martialis vers 1940

Martialis dans les années 40 depuis la colline au sud, vue vers le plateau de la Pourette, au fond le Luberon

vers la ferme de l’Hôpital (aujourd’hui Château Turcan) et irriguait prés et jardins.

Climat

Le climat peut être rude. La température peut monter à plus de 40° Celsius l’été et descendre en dessous de moins 10° l’hiver. En 1956, le gel a détruit l’essentiel des cultures d’oliviers, pourtant surtout faites d’Aglandau, variété résistante au froid. Mon père racontait avoir vu 30 centimètres de neige devant la porte de la maison.
Le Mistral souffle régulièrement depuis la vallée du Rhône. Il amène un froid sec, desséchant la végétation. Lorsqu’il ne souffle pas il est remplacé par le vent du sud. Celui-ci est chargé d’humidité, parfois de sable venu du Sahara. Au bout de trois jours, la pluie arrive. Au début de l’automne, elle peut se transformer en orages violents, qui défoncent l’accès à la maison.
Ce tableau contrasté ne doit pas tromper cependant. Il fait bon vivre à Martialis. Le Mistral souffle moins fort qu’à Avignon dans la vallée du Rhône. La chaleur de l’été est moins étouffante que dans la Crau, la Camargue ou même à Aix. La neige dure toujours moins longtemps que dans les montagnes des Alpes de Haute-Provence.

Végétation

olivier

Champs d’Aglandau, et vignes

La végétation naturelle voit cohabiter le chêne vert et le chêne classique. On y trouve aussi des genets et des pins qui forment rapidement des broussailles impénétrables lorsqu’elles ne sont pas entretenues. Dans le temps c’était le domaine du perdreau rouge et du lapin. Maintenant on y voit plutôt des sangliers et des chevreuils descendus du Luberon.
La végétation cultivée était traditionnellement dominée par le blé et la vigne.  L’amandier remplaçait l’olivier, plutôt présent au pied du Luberon. Sur les terres les plus pauvres, les paysans cultivaient des pois chiches. Au début de la saison de chasse, se trouvaient dans les cultures quelques lièvres et des cailles. Ces dernières laissaient la place aux grives à la fin de l’automne.
Les terres sont moins riches que dans le Comtat Venaissin, le long du Rhône, la poussée de la végétation est plus tardive, d’environ quinze jours. Mais encore une fois, la vie est plutôt agréable à Martialis.

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T’étais où en vacance ?

Martialis, c’est la maison des vacances pour notre famille. Trois générations de Fouque y ont passé une partie de leur été. Et en septembre, au retour dans la cours de récréation, il faut répondre à la question rituelle « t’étais où en vacance ? »

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Les cousins Fouque en vacance

Ansouis dans le Vaucluse

Quand j’étais jeune, dans les années 60, je répondais d’abord « à Martialis, à coté d’Ansouis.» « En Suisse ? Sur le lac Léman ? » La compétence géographique de mes interlocuteurs n’allait pas jusqu’à ces petits villages de Provence. Donc je complétais. « Non dans le Vaucluse. » L’école primaire nous apprenait les départements, et donc chacun connaissait l’emplacement du 84. La préfecture du Vaucluse était Avignon à coté de laquelle résidaient mes grands-parents et mes cousins. Dans ce département il y avait aussi Cavaillon, la ville du Marché d’Intérêt National, où les productions de nos voisins paysans de la région convergeaient pour partir ensuite sur toute le France. Famille et agriculture telles étaient les deux mamelles de Martialis.

Le Luberon

Jusqu’en 1977, le Luberon était une montagne noire, inhospitalière, où survivaient seulement les sangliers et les lapins. Elle dominait Martialis et toute la plaine environnante.
Cette année 1977, fut créé le Parc Naturel régional du Luberon. Le Luberon désigna toute la région du Parc soit 85 communes entre le Vaucluse et Les Alpes de Hautes-Provence. Je pus dire que j’habitais dans le Luberon.
Le nom fit fortune. La forêt des Cèdres, les châteaux de Lourmarin, Ansouis, ou Lacoste, l’abbaye de Sénanque, les villages de bories, le musée Vasarely de Gordes, les ocres de Roussillon… Autant de sites naturels ou culturels qui attiraient les visiteurs.
La préservation de la nature par le Parc attira aussi les amateurs d’environnements protégés. Ils rachetaient de vieilles fermes et les rénovaient. François Mitterrand abritait la famille de Mazarine Pingeot à Gordes, Jacques Lang avait sa villa à Bonnieux, John Malkovitch, Pierre Cardin, et bien d’autres investirent dans la région. L’écrivain anglais Peter Mayles la fit connaître avec son livre « Une année en Provence ». Le cinéma envahit les villages à la recherche de sites pittoresques. Les touristes se font photographier sur le banc du Papé, à Vaugines. Ils rappellent ainsi une scène célèbre de Jean de Florette.
Mes collègues de travail avaient oublié leurs départements. Mais le Luberon, ils en avaient entendus parler à la télévision et dans les journaux pour cadre. Ils voyaient les villas luberonnaises dans les pages « demeures de charme » de L’Obs ou du Point. Et ils se demandaient de quelle fortune j’avais hérité pour avoir un pied-à-terre au milieu des célébrités.

Vers Aix et Marseille

Mais, comme dit la guide d’Ansouis, il ne faut pas exagérer le coté tourisme. Autour de Martialis, il n’y a pas de cars remplis de touristes japonais ou chinois. Le visiteur de notre région est un happy few, amateur de chambre d’hôte et de concert de piano à la Roques d’Anthéron. Il a plutôt les cheveux blancs et le portefeuille bien rempli.
Ce n’est pas lui qui rénove les cabanons de campagne, ou construit partout des piscines d’un bleu azur. De plus en plus, ces nouveaux voisins sont cadres et travaillent à Aix, Marseille ou au Centre d’Energie Atomique de Cadarache.
Mes amis s’inquiètent quand je leur dis que je m’installe dans cette région. Ils me parlent de Sisteron et de la vallée du Jabron. Ils me voient déjà au milieu des chèvres, du fromage de Banon et des mieleries.
Je dois leur expliquer que par l’autoroute je suis à une demi-heure d’Aix. Que le TER à Pertuis m’amène en trois quarts d’heure à la gare Saint Charles de Marseille. Pertuis, la ville où je fais mes courses, appartient à la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, autrement dit au Grand Marseille. En vélo j’y suis en cinq minutes (c’est plus long pour remonter la cote). Il y a plus de monde dans les magasins l’hiver qu’à la saison des touristes.

Le glacier

Pour les gens de la région, j’explique que je suis à proximité du glacier. Car il n’y a qu’un vrai glacier dans la région, et j’habite à coté. C’est l’Art Glacier, avec sa terrasse face à la plaine et au soleil couchant. Presque toute l’année, il offre ses glaces au thym, au melon et au kalamansi, piquées de fruits frais, de chantilly et de meringues.

glacier

Chez le glacier

Tous ces changements de nom disent l’évolution de la région. On est passé d’un pays d’exode rural à la banlieue d’une mégapole du XXI siècle. Tout cela se mélange dans le paysage. Et c’est bien ainsi.

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Luberon ou Lubéron

Laurence mon épouse et moi, nous irons bientôt habiter dans le Vaucluse à coté d’une montagne qui s’appelle Luberon.
Faut-il dire Luberon ou Lubéron, avec ou sans accent ? Voilà un sujet pour placoter le soir entre copains comme diraient nos amis québécois. Chacun risque les anathèmes de griots de Manosque et même Wikipédia y consacre plusieurs lignes. Voici ma version.
Ma grand-mère était native de Carpentras, au pied du Ventoux. Elle n’était pas très volubile, ne parlait pas la langue d’Oc. Mais elle avait sa jactance bien à elle, pleine d’expressions régionales. Elle parlait des « campas » (les jachères), des « restoubles » (les chaumes), des « cagades » (des merdes). Aux impatients, elle lançait « Ohé, espère ! ». Ce qui, comme en espagnol, veut dire « attend ! ».
Elle avait l’accent du midi. Comme en espagnol et en provençal, elle accentuait l’avant-dernière syllabe des mots. Elle disait donc LuBEUHron, en appuyant bien sur la deuxième consonne. J’étais un petit parisien à l’accent pointu, et je susurrais un timide Lub’ron. J’accentuais la dernière syllabe du mot, comme tous les habitants du 9-3. Ce n’était pas clair, alors, je risquais un Lubéron, qui évitait le bredouillement.
Si vous parlez comme un truculent marseillais, au bagou inarrêtable devant un verre de pastis, lancez vous dans le Luberon, sans accent. Si votre voix trahit votre origine du Nord de la Loire, dites Lubéron, qui fera chanter les voyelles. Ces différences subtiles font la richesse de notre langue.

Explication

Ce texte a été rédigé pour le concours « Dit moi dix mots » organisé par la ville de Jouy Le Moutier. le règlement était : Rédiger un texte de forme libre de 250 mots en utilisant les 10 mots ci-dessous :
Accent Bagou Griot (te) Jactance Ohé Placoter Susurrer Truculent(e) Voix Volubile.Luberon

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