La grand-mère de mes filles Héloïse et Solange aurait eu cent ans cette année. Yolande est née le 21 juillet 1925 dans le 14ème arrondissement de Paris.
Elle était la fille d’Alphonse Dontenwill et d’Emilie Schwetta.

Pourquoi est-elle née à Paris ? Ses deux parents étaient alsaciens. Plus précisément, ils étaient originaires de la région de Sélestat et Sainte-Marie-aux-Mines, sur les contreforts des Vosges. C’était une région viticole au nord de Colmar.
Une première explication serait qu’Alphonse cherchait du travail et en a trouvé plus facilement à Paris. Cette réponse est fragile. Alphonse était tailleur et son père Joseph l’était aussi probablement à Sélestat où sont nés six de ses huit enfants. Pourquoi Alphonse n’a-t-il pas repris l’atelier de son père ?
Une autre explication est que le couple voulait s’éloigner des familles qui n’approuvaient pas cette union. Différents motifs peuvent en effet justifier cette désapprobation. D’abord la différence d’âge importante (13 ans) dans le couple.

Autre explication possible, la différence de religion, Alphonse était catholique et Émilie protestante.
Enfin le fait qu’Alphonse était veuf. Il avait été marié avec Marie Augustine Idalie Droz, couturière, née le 9 mai 1881 à Longueville en Haute Saône. Elle était décédée à Ermont dans le Val d’Oise le 17 juillet 1924.
La fille d’Emilie, Yolande était née à peine un an après qu’Alphonse soit devenu veuf. Le couple régularise la situation le 21 octobre 1926, plus d’un an après.
Bref, il y avait plus d’une raison pour qu’Alphonse et Émilie mettent quelques centaines de kilomètres entre eux et leurs familles.
Présentons rapidement ces familles.
Joseph Dontenwill était tailleur à Sélestat. Il était d’une famille d’artisan. Son père Antoine était menuisier à Neuve-Église. Son grand-père Antoine était tonnelier dans le même village.
Du côté de Marie-Louise Koffel, la mère d’Alphonse, ils sont vignerons à Kientzheim. Éventuellement, ils ont un autre travail à côté de la vigne pour augmenter leur paie (plusieurs sont tailleurs d’habit.).
La famille d’Émilie vient de Sainte-Marie-aux-Mines. Les mines d’argent qui ont donné son nom à la ville ont disparu depuis longtemps. Mais depuis le XVIIIe, c’est une grande ville d’industrie textile. Le père d’Émilie, Friedrich, est ourdisseur et contre-maître chez Lacour, une des grandes entreprises de la ville. La fonction d’ourdisseur consistait à préparer le métier à tisser en étalant en nappe les fils de la chaîne (nommée ourdissoir) et en les tendant, avant de lancer le tissage proprement dit. Ses fils Fritz et Alfred choisirent une autre profession. Alfred devint greffier au tribunal. Fritz, l’ainé fut d’abord mobilisé dans l’armée allemande de septembre 1915 à novembre 1918. Revenu de l’armée, il devient greffier de tribunal, puis clerc de notaire et enfin procureur de la république.

Une curiosité, Marie-Salomé Gerber la mère d’Émilie, avait la réputation d’être guérisseuse et un peu sorcière. Cela ne peut être vérifié. Par contre notons que sa mère, sa grand-mère, et son arrière-grand-mère s’appellent toutes Marie-Salomé.
Alphonse meurt le 15 août 1948, alors que Yolande a 23 ans. Elle rencontre Pierre Léobon (1929/2003) et ils donnent naissance à leur premier enfant, Pascale le 10 mai 1950. Ils se marient un an après et auront deux autres enfants : Laurence et Charles. Ils partent en Afrique et vont vivre en Côte d’Ivoire, Cameroun, Martinique, Pierre travaillant dans le domaine des plantes tropicales. Le couple finira par se séparer le 25 septembre 1973. Elle se remarie avec Henri Favède (1931/2010). Émilie l’a accompagné tout le long de ce périple jusqu’à son décès en 1975.
Yolande décède enfin le 4 novembre 2010 à l’hôpital de Châteauroux.

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