Préhistoire

2015 Cucuron le Donjon
Le donjon de Cucuron

La préhistoire, c’est la période avant l’écriture. Comme le premier texte mentionnant Martialis date du début du XVII siècle, la préhistoire finit tard à Martialis. Il est utile de dire un mot de cette préhistoire au Pays d’Aigues.

Féodalité

Avant 815 et la Villa Marciana, rien dans les textes ou le paysage ne préfigure Martialis. Les fouilles archéologiques dans le Pays d’Aigues ont permis de retrouver des pierres taillées paléolithiques, des restes de tombe et de villa gallo-romaine. Vous pourrez voir cela au Musée Marc Deydier de Cucuron. Mais vous ne verrez  guère de trace en vous promenant dans la campagne.
Au  IX siècle, les cartulaires permettent de savoir que la région était tenue par la Villa Marciana dépendant de l’évêque de Marseille. Mais entre cette période et le XII siècle, l’autorité centrale s’effondre. La Provence est terre d’Empire, elle est divisée entre le Marquisat de Provence qui tient la vallée du Rhône et le Comté de Provence qui s’étend sur le reste de la région. Le Marquisat devient propriété du comte de Toulouse et le Comté du comte de Barcelone. Ces maîtres lointains ne tiennent pas  la région. Le Pays d’Aigues devient le domaine de petits seigneurs de la guerre. Ils construise des Castra, des châteaux-forts. « Le Castrum d’Ansouis est mentionné en 961, Cucuron en 1004, Sannes en 1045, Cadenet est mentionné en 1075, Grambois et Saint-Martin-De-La Brasque se constituent dans la seconde moitié du XI° siècle. »   Le paysage actuel commence à apparaître. Les habitants se réunissent dans des villages perchés, construits autour du château protecteur. C’est l’instauration du régime politique de la féodalité comme partout en France et en Europe. Les seigneurs de la guerre sont liés entre eux par des liens familiaux et des serments de fidélité plus ou moins respectés. Les guerres entre seigneurs continuent, et peut-être les incursions pillardes des sarrasins qui disposent d’une implantation permanente sur la cote à la Garde-Freinet. De cette époque reste le vestige du château de Cucuron, que tenait l’un de ces seigneurs.
En 1175, le Comte de Toulouse donne la main de Garsende, comtesse de Forcalquier à

2015 Elzear
Reliquaire de Elzear de Sabran en l’église Saint Pierre Saint Barthelemy de Vaugines

Raymond de Sabran. Celui-ci est  originaire d’un village du même nom à coté d’Uzès. Le fief d’Ansouis tombe ainsi entre ses mains.
Les Sabran vont progressivement devenir l’une des grandes familles de Provence, soumettant tous les petits seigneurs. Ils obtiennent que l’un des leurs, Elzéar de Sabran soit canonisé en 1369, ainsi que sa femme Delphine.
Cette période des XII et du XIII siècles voit une grande expansion démographique. Les villages s’étendent, la plupart des églises du Pays d’Aigues sont construites alors pour recevoir les fidèles.  Cette expansion est rendue possible par le réchauffement climatique, le climat français est alors 4 à 5 degrés plus chaud que le climat actuel. Le progrès technique contribue aussi au développement des moulins hydrauliques puis éoliens, à l’amélioration de l’attelage des chevaux et des bœufs).  C’est aussi une grande période défrichement et d’extension de la surface cultivée. Les collines se couvrent de terrasses, les plaines et les vallées sont drainées par des canaux.
A la même époque Pertuis se développe. Propriété de l’abbaye de Montmajour, la petite ville devient le bourg le plus important de la région après Cavaillon.

2010 Pertuis Saint Sébastien
Saint Sébastien, un des saints évoqués pour combattre la peste (statue à Saint Nicolas de Pertuis)

La famine, la peste et la guerre

La conjoncture se retourne au XIV siècle. La France entre dans le petit âge glaciaire qui dure jusqu’au XVII siècle. Les rendements agricoles diminuent, la famine revient. En 1347, la peste noire arrive à Marseille et va se rependre sur toute l’Europe. La région subit aussi  les conséquences collatérales de la guerre de cent ans. Raymond de Turennes, maître d’une grande compagnie ravage la région. La famine, la peste et la guerre s’abattent sur la région. C’est vrai partout en France et en Europe. Mais si la diminution de la population est estimée au quart ou au tiers des personnes vivantes partout ailleurs sur le continent, elle monterait  à 70% dans les régions qui entourent le Luberon.
Des villages entiers comme Cabrières ou Lourmarin sont désertés. Ceux qui restent, La Tour d’Aigues, Cucuron, Ansouis,  Pertuis sont entourés de murailles défensives dont les vestiges sont encore visibles.

Reconstruction

2012 Rempart Cucuron
Porte du Rempart à Cucuron

Les grands propriétaires de la région, les Sabran, les d’Agoult vont s’efforcer d’attirer de nouveaux habitants. Ils sont également propriétaires de terres en Dauphiné et dans le Piémont. Or le refroidissement climatique provoque le recul de l’agriculture de haute montagne. L’élevage sur les alpages nécessite moins de bras. Cette main d’œuvre va descendre dans le Luberon. Ce serait de l’ordre
Les villages abandonnés sont repeuplés, un habitat dispersé apparait sur les collines qui bordent le Luberon. Le produit de l’agriculture augmente, des plantes destinées à un usage industriel sont cultivées :   l’olivier, dont l’huile est un conservateur important dans toute l’économie, le murier qui porte le vers à soie, essentiel  pour le textile. Les nobles se font construire des demeures d’agrément. Les châteaux de Lourmarin, Ansouis, Sannes, la

2014 Chateau de Lourmarin
Le Château de Lourmarin

Tour d’Aigues, Mirabeau sont construits.
Mais ces nobles habitent souvent à Aix-en-Provence. La ville est devenue siège du Parlement de la province depuis la mort du roi René et le rattachement au royaume de France en 1482. Pertuis fait la jonction entre la ville et les campagnes du Pays d’Aigues. La ville s’entoure d’établissements religieux destinés à l’éducation des jeunes aristocrates ou au secours contre la maladie. Les carmes, les ursulines, les oratoriens ont chacun leur établissement.
C’est dans ce monde recomposé que Martialis est mentionné pour la première fois.

Bibliographie

Collectif : Le Luberon Encyclopédie d’une montagne provençale (Alpes de Lumière 2013)

Un commentaire sur “Préhistoire

Ajouter un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :