Géographie physique

Pays d'Aigues

L’arc couché du Pays d’Aigues

Comme dans les cours de l’école d’antan, faisons un peu de géographie physique avant de présenter l’histoire des hommes.

La Provence

Martialis est au centre du Pays d’Aigues, au milieu de la Provence.
La Provence est cette région coincée entre les sommets des Alpes et les abysses de la Méditerranée. La poussée du magma a brisé les roches sédimentaires et créé ce paysage chaotique, fait de petites plaines, de de vallées, de collines et de montagnes. La seule unité visible est humaine, apportée par la culture de la vigne et de l’olivier, et par la tuile ronde. Sinon, il est difficile de reconnaître que l’on est dans la même région, entre les chamois de la vallée du Jabron et les taureaux de Camargue. Chacune de ces régions a son identité physique et culturelle. Le paysan ne parlait pas le même provençal à Manosque et à Maillane. En passant d’une région à l’autre, le voyageur devenait facilement l’étranger. L’hospitalité n’est pas forcement une qualité reconnue du provençal.

Le Pays d’Aigues

C’est l’une de ces régions. Elle a la forme d’un arc couché.

luberon

le Luberon sort de la brume du matin

Au Nord, la  corde de l’arc est constituée par la montagne du Luberon. C’est un grand synclinal calcaire, qui court d’ouest en est sur 40 kilomètres de Cavaillon à Manosque. Il culmine au Mourre Nègre à  1125 mètres. C’est une éponge, qui constitue un château d’eau pour la région, alimente tout le réseau hydraulique et donne ce nom de pays d’Aigues, le pays de l’eau.
Au sud, la vallée de la Durance forme l’arc. C’est le prototype de la rivière méditerranéenne, avec son cours divaguant, les crues dévastatrices et ses basses eaux d’été. Elle vient du Nord depuis Gap et Briançon,

durance et villages 011

La Durance

tourne entre Manosque et Mirabeau vers l’Ouest et forme un arc jusqu’à Cavaillon avant de descendre en ligne droite se jeter dans le Rhône  au sud d’Avignon.
Ces deux barrières naturelles limitent l’accès à la région. A l’ouest, il y a un passage étroit mais facile entre Durance et Lubéron, pour aller vers Cavaillon et les plaines fertiles du Comtat Venaissin. A l’est, c’est plus compliqué. Il faut suivre des routes sinueuses à travers les collines pour rejoindre Manosque. Au Nord, le Luberon ne se franchit qu’à travers la gorge escarpée de la combe de Lourmarin, qui permet de rejoindre Bonnieux et la plaine d’Apt. Au sud la Durance constitue une barrière encore plus difficilement franchissable jusqu’au milieu du XIX siècle. Les crues et les changements incessants du lit de la rivière empêchent la construction de ponts jusqu’en 1835. Il n’y a qu’un gué au sud de Pertuis, qui permet de rejoindre Aix en Provence.
Les principaux villages du Pays, Pertuis et Cadenet sont le long de la Durance.

Au centre du Pays d’Aigues

Martialis est au centre de cette région si nettement délimitée.
La bâtisse est à environ 350 mètres d’altitude en contre-bas d’un col entre deux collines. Il permet de passer d’une petite plaine intérieure  à la vallée de l’Eze.
La plaine va de Lourmarin à Cabrières d’Aigues et est bordée par les villages d’Ansouis, Vaugine et Cucuron. La vallée de l’Eze court de Peypin d’Aigues à Pertuis ou elle se jette dans la Durance en passant par Grambois et la Tour d’Aigues.
Le col constitue un carrefour où se croisent la route qui va de Cabrières d’Aigues à Pertuis et celle d’Ansouis à la Tour d’Aigues.
Le carrefour explique sans doute la place de cette grosse ferme. Elle est protégée du vent au sud et à l’est par des collines. Au nord un petit plateau sur les terres de la Pourrette fait une bonne terre à blé.
Une source à côté de la maison alimente un cours d’eau. Celui-ci circule d’est en ouest

Martialis vers 1940

Martialis dans les années 40 depuis la colline au sud, vue vers le plateau de la Pourette, au fond le Luberon

vers la ferme de l’Hôpital (aujourd’hui Château Turcan) et irriguait prés et jardins.

Climat

Le climat peut être rude. La température peut monter à plus de 40° Celsius l’été et descendre en dessous de moins 10° l’hiver. En 1956, le gel a détruit l’essentiel des cultures d’oliviers, pourtant surtout faites d’Aglandau, variété résistante au froid. Mon père racontait avoir vu 30 centimètres de neige devant la porte de la maison.
Le Mistral souffle régulièrement depuis la vallée du Rhône. Il amène un froid sec, desséchant la végétation. Lorsqu’il ne souffle pas il est remplacé par le vent du sud. Celui-ci est chargé d’humidité, parfois de sable venu du Sahara. Au bout de trois jours, la pluie arrive. Au début de l’automne, elle peut se transformer en orages violents, qui défoncent l’accès à la maison.
Ce tableau contrasté ne doit pas tromper cependant. Il fait bon vivre à Martialis. Le Mistral souffle moins fort qu’à Avignon dans la vallée du Rhône. La chaleur de l’été est moins étouffante que dans la Crau, la Camargue ou même à Aix. La neige dure toujours moins longtemps que dans les montagnes des Alpes de Haute-Provence.

Végétation

olivier

Champs d’Aglandau, et vignes

La végétation naturelle voit cohabiter le chêne vert et le chêne classique. On y trouve aussi des genets et des pins qui forment rapidement des broussailles impénétrables lorsqu’elles ne sont pas entretenues. Dans le temps c’était le domaine du perdreau rouge et du lapin. Maintenant on y voit plutôt des sangliers et des chevreuils descendus du Luberon.
La végétation cultivée était traditionnellement dominée par le blé et la vigne.  L’amandier remplaçait l’olivier, plutôt présent au pied du Luberon. Sur les terres les plus pauvres, les paysans cultivaient des pois chiches. Au début de la saison de chasse, se trouvaient dans les cultures quelques lièvres et des cailles. Ces dernières laissaient la place aux grives à la fin de l’automne.
Les terres sont moins riches que dans le Comtat Venaissin, le long du Rhône, la poussée de la végétation est plus tardive, d’environ quinze jours. Mais encore une fois, la vie est plutôt agréable à Martialis.

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2 commentaires pour Géographie physique

  1. Michel BASA dit :

    Cette description riche,et parfaitement documentée incite le lecteur à faire le déplacement…

    J'aime

  2. Ping : Préhistoire | Almanach de Martialis

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